Vous êtes ici

Wafa Laamiri: "Le CJD accompagne le jeune dirigeant pour une meilleure compétitivité de son entreprise"

Wafa Laamiri: "Le CJD accompagne le jeune dirigeant pour une meilleure compétitivité de son entreprise"

par Lilia Blaise / jan 30, 2017 / 0 commentaires
Catégories: 

Wafa Laamiri

Présidente du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) élue en décembre 2015 pour un mandat de deux ans, et à la fois directrice générale de CRIT, une agence d'intérim et de recrutement, Wafa Laamiri œuvre au sein du CJD pour un accompagnement post création du jeune dirigeant pour une meilleure compétitivité de son entreprise. Interview.

 

Vous avez été élue pour un mandat deux ans depuis 2015, quel est votre parcours au sein du CJD et quelles sont vos priorités au sein du CJD?

 

Wafa Laamiri: Lorsque j’ai intégré le CJD en 2008, je venais de lancer CRIT en Tunisie, c’était pour moi une bouffée d’oxygène en tant que jeune dirigeante, cela m’a permis de rompre l’isolement et partager avec mes paires les mêmes problématiques que l’on rencontre au lancement d'un projet. Aujourd’hui, me présenter à la Présidence du CJD est une continuité de mon engagement et je suis honorée d'être à la tête de cette importante organisation et représenter les jeunes dirigeants de moins de 45 ans, avec ses 500 membres dans 10 régions, représentant toutes les tailles d'entreprises TPE, PME, startups, grandes entreprises dans tous les secteurs d’activités.

Pour ce mandat, nous avons tracé avec le bureau exécutif National une stratégie sur deux axes. Le premier c’est l’influence c'est-à-dire être une force de proposition et participer activement dans le débat politique auprès du pouvoir exécutif et législatif dans tous les sujets d’actualité économique et qui concerne l’entreprise : investissement, fiscalité, emploi, etc. Le CJD existe en Tunisie depuis 1998, il a été le premier pays crée à l’international après la France crée en 1938 et a toujours su le faire, et nous continuons dans ce mandat à le renforcer, nous avons participé à titre d’exemple aux débats sur le code de l’Investissement, sur le projet de la loi de finances 2017, sur l’ALECA, etc. Le deuxième axe c’est notre réseau qu’on veut développer avec les membres du CJD, pour rompre l'isolement du jeune dirigeant, l’accompagner à se développer et développer son entreprise pour une meilleure compétitivité, et donc pour favoriser la croissance et la création d’emploi.

Quelles sont les difficultés qui perdurent encore pour les jeunes entrepreneurs en Tunisie?

 

Wafa Laamiri: Une fois que le jeune dirigeant ou entrepreneur passe en amont par toutes les difficultés administratives et financières pour monter son entreprise, il est confronté à la réalité de faire vivre son entreprise et de la faire pérenniser. L’Agence de Promotion de I'Industrie et de l'Innovation (APII) a annoncé un chiffre alarmant pour 2016 ; près de 80% des entrepreneurs qui ont monté leur entreprise durant ces deux dernières années, ont fait des cessations d’activité. Le plus grand challenge en Tunisie n’est donc pas de lancer une boîte mais de  la maintenir et de la pérenniser, de créer de l’emploi et de faire de la croissance. Au sein du CJD, nous rompons l’isolement de l’entrepreneur qui est souvent pris dans ses problèmes quotidien de gestion et de finances. Nous lui favorisons un espace pour échanger sur ses problématiques, de créer des liens de networking  et de s’ouvrir à un réseau qui peut l’accompagner et le former, la formation est d’ailleurs un de nos principaux piliers. Les vrais problématiques qui subsistent encore pour les entrepreneurs sont les difficultés administratives, les blocages de financement  de ses activités, les blocages avec les banques, les problèmes de trésorerie, etc. Nous n’avons pas un système bancaire adéquat et flexible pour les PME. Le recouvrement aussi est un vrai problème que tu travailles avec les marchés publics ou privés. Ensuite, il y a le secteur informel qui produit un vrai dumping et menace plusieurs secteurs. Il ya aussi le problème des ressources humaines, notamment la difficulté de recruter des profils qualifiés.

 

Que faites-vous sur le plan de la formation?

 

Wafa Laamiri: La formation est justement un des piliers du CJD, nous avons lancé l’Ecole du jeune dirigeant et animé plus de 120 sessions entre développement personnel, soft skills et leadership, ainsi que des formations techniques sur des thèmes de gestion comme la douane, la CNSS animés par des expert professionnels. Il y a un réel besoin de formation pour le jeune dirigeant et la demande est importante. Nous œuvrons au sein du CJD à le proposer à des tarifs préférentiels grâce à des levées de fonds et des partenaires comme la fondation Konrad Adenauer. Il y a aussi les formations internes sur les outils propre du CJD, nous avons aujourd’hui un pool de 20 formateurs agréés CJD qui relaient ses formations pour nos membres dans toutes les 10 régions où nous sommes présents.

 

Vous avez dit participer aussi en tant que force de proposition aux débats politiques, quelles étaient vos propositions sur la loi de finances?

 

Wafa Laamiri: Nous avions des réserves sur certaines dispositions de la loi de finances que nous avons remonté au niveau de l’ARP, comme les 7,5 % de taux d’imposition qui devaient être conjoncturels. Nous avons estimé que l’impact est très lourd pour l’entreprise et surtout pour les PME et que cela ne peut encourager l’investissement et la création l’emploi. Malheureusement cette disposition a été votée mais nous continuerons à renforcer notre position sur ce point.  Pour le Code de l’investissement, nous avons été parmi les rares à soutenir le projet du code et que la Tunisie devait se doter d’un nouveau cadre qui pour nous été important pour la relance de l’investissement malgré plusieurs critiques et réserves que nous avons remonté au ministère concerné et présenté devant l’ARP.

 

En tant que jeune femme dirigeante, rencontrez-vous des problèmes dans un domaine plutôt masculin?

Wafa Laamiri: On me pose toujours cette question. Franchement, je n’ai pas ce complexe de genre et je n’ai jamais rencontré de problème à ce sujet. Il y a encore du travail à faire certes pour les femmes qui ne représentent encore que 15% dans la sphère entrepreneuriale mais c’est dû, je pense, à des blocages psycho-sociologiques. Au bureau exécutif national du CJD, nous sommes 6 femmes sur 15 membres soit 40% ce qui est une fierté, dans les régions aussi nous avons un taux important de femmes engagées.

 

Dans la même catégorie