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Sadok Ghannouchi, fondateur d'E-Taxi "Je voulais faire quelque chose par moi même"

Sadok Ghannouchi, fondateur d'E-Taxi "Je voulais faire quelque chose par moi même"

par Yasmine Chaouch / oct 03, 2015 / 0 commentaires
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Diplômé en Entrepreneuriat et Administration des Affaires à la Mediterranean School Of Business en 2014, Sadok Ghannouchi, 23 ans, a commencé le projet Etaxi en octobre 2013. Il s'agit d'une application qui permet aux utilisateurs de trouver facilement un taxi.

Wajjahni: Vous étiez encore étudiant quand vous avez décidé de lancer votre propre projet, pourquoi ne pas avoir attendu jusqu'à avoir votre diplôme ?

Sadok Ghannouchi: Je ne voulais pas rentrer dans un cycle d'études infinies, je voulais me lancer depuis le début et faire quelque chose par moi même. J'ai eu l'idée et je me suis lancé et ça a marché.

Wajjahni: Justement cette idée de Etaxi, elle vient d'où ?

Sadok Ghannouchi: J'étais chez un ami et je voulais rentrer à 5h du matin et c'était difficile de trouver un taxi à cette heure là. Je n'étais sûrement pas le seul à avoir ce même problème. Durant la même période, j'avais entendu parler de Rocket Internet (la compagnie ayant crée Easy Taxi) allait s'installer en Tunisie, je me suis dit que ça allait réussir, mais ils n'ont finalement pas terminé le projet ici, et c'était une chance pour moi. Pourquoi eux et pas moi? Je me suis jeté à l'eau! Aujourd'hui nous sommes 5 personnes sur le projet et nous avons un capital de 100 000dt (fonds propres et investisseurs).

Wajjahni: Etaxi est un projet innovant, il fait un peu penser à Uber, la fameuse application mobile qui met en relation des utilisateurs avec des chauffeurs, un service de taxi à la demande. C'est quoi la différence?

Sadok Ghannouchi: Ce que nous avons en commun avec Uber c'est que c'est une application mobile, on connecte les chauffeurs avec les clients mais nous c'est les taxis et Uber c'est les particuliers qui mettent à disposition leurs voitures. Nous travaillons avec des professionnels.

Wajjahni: Il existe déjà en Tunisie un service de taxi à la demande appelé "Allo Taxi", donc vous êtes un peu concurrents ?

Sadok Ghannouchi: Etaxi c'est la continuation, c'est plus moderne car c'est une application mobile, on essaye de changer un peu le business model et on ajoute un apport technologique. C'est un peu l'étape après Allo Taxi.

Wajjahni: Est ce que tu as rencontré des problèmes dans votre parcours d'entrepreneur ?

Sadok Ghannouchi: Pas vraiment non, ma politique a toujours été de travailler et de gérer les problèmes un à un quand ils viennent, le service existe déjà en Tunisie, sous d'autres formes certes mais il existe. Je n'ai pas eu de problèmes d'informations ou sur le coté juridique.

J'ai commencé avec Startup Factory (Un programme de l'opérateur Ooredoo qui aide les jeunes entrepreneurs, ndlr), j'ai proposé le concept et on a commencé la programmation ensuite j'ai passé le concours Intilaq 2013, ça a pris beaucoup plus d'ampleur car c'est en partie grâce à leur financement que Etaxi a vu le jour.

Wajjahni: Les prix sont très abordables: 2 dinars pour arriver jusqu'au client ensuite c'est la tarification normale au compteur habituel que tout le monde connait, où est votre marge de gain ?

Sadok Ghannouchi: On gagne 500millimes par course le matin et 1dt le soir. Et le compteur bloqué à 2dt. On y repense. Cela dépend des trajets, des fois 2 dinars ne payent pas la course du taxi, donc nous sommes en train de repenser à une autre formule pour la version beta afin de garantir une transparence aux utilisateurs pour qu'ils sachent combien ils vont payer avant que le taxi n'arrive et là ils peuvent choisir d'accepter la course ou de la refuser.

Wajjahni: La version beta pour les utilisateurs a été lancée le 1er octobre. Est ce que vous avez d'autres clients ? Des conventions avec des entreprises et des sociétés par exemple ?

Sadok Ghannouchi: Nous avons abordé quelques sociétés et les plus grands consommateurs sont généralement les centres d'appels car leurs horaires sont décalés par rapport aux nôtres et avoir des taxis à leur disposition serait intéressant.

Wajjahni: Et vous couvrez quelle zone maintenant ?

Sadok Ghannouchi: Nous couvrons le Grand Tunis, mais nous nous focalisons pour l'instant sur la banlieue nord, car les taxis avec lesquels nous travaillons habitent là bas mais ils travaillent partout. Nous allons procéder par étape car une grosse partie du marché se trouve à Tunis, mais une fois que tous les logiciels sont rodés et que tout est mis en place on pourra élargir notre activité dans les autres villes et les régions. Ça sera dans 1 an peut être dépendant de nos activités.

Nous avons pour l'instant 22 taxis qui travaillent avec nous et une quarantaine sur la liste d'attente.

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