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Nayma Charmiti : La journaliste-entrepreneure

Nayma Charmiti : La journaliste-entrepreneure

Mai 25, 2016 / 0 commentaires
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Nayma Charmiti

Jeune, journaliste et entrepreneur, Nayma Mansour Charmiti a créé sa société Challenge Media Company au lendemain de la révolution. En juin 2012, elle lance un média en ligne arabophone "Arabesque" diffusant une information courte et rapide, une "nouvelle forme d'information" comme l'indique la signature du média. 
 
Quatre ans plus tard, et malgré les difficultés que connaît le secteur de la presse, Nayma Charmiti "résiste" et continue à croire à l'avenir des médias en ligne. Interview.
 
Wajjahni: Nayma Charmiti, journaliste et directrice-fondatrice du média en ligne Arabesque, racontez-nous votre parcours.
 
Nayma Charmiti: Lycéenne, j'étais membre de plusieurs clubs (club de musique, club d’informatique, etc.), ainsi que de la radio de la maison des jeunes de Sfax, où on produisait des émissions, diffusait les news et animait les événements qui s'y déroulaient.
Après une Maîtrise en journalisme et communication obtenue à l'Institut de Presse et des Sciences de l'Information (IPSI), j’ai intégré la chaîne Hannibal TV où j'ai travaillé pour l’émission «3an Hosni Nia» (De bonne foi, ndlr) avec Imen Bahroun, qui me faisait beaucoup confiance et qui m’a aidé à bien maîtriser les techniques du journalisme et la production. Durant cette période, j’ai appris à détecter les sujets sociaux le plus importants, ceux qui attirent des téléspectateurs. 
J'ai ensuite entamé une nouvelle expérience avec Cactus Prod dans l’émission «Elhak Maak», animée par Moez Ben Gharbia et diffusée sur la chaine nationale. Nous étions une équipe dynamique dirigée par feu Abdelmajid Ben Ismail, notre rédacteur en chef, qui nous a appris l’esprit d'équipe et la collaboration. Avec cette émission, j’ai découvert et travaillé sur tous les problèmes sociaux tels que la pauvreté, les conflits judicaires et administratifs, les problèmes du citoyen avec l'Etat. 
Parallèlement à mon travail à la télévision, j’ai publié quelques articles sur des sujets différents dans la presse écrite (Akhabar Joumhouria et Réalités ).
 
Wajjahni: Du monde de la télévision à celui du web. Comment vous est venue l'idée de lancer Arabesque?
 
Nayma Charmiti: L’idée est née suite à une discussion que j'ai eue avec un collègue en 2009. Je lui avais proposé de travailler ensemble pour lancer un journal en ligne ciblant les jeunes et les femmes. Il ne m'avait pas m’encouragé à le faire, vu que la presse était dominée par le pouvoir en place à l'époque. Après la révolution, j’ai réalisé mon rêve et j’ai fondé Challenge Media Company, la société éditrice du journal www.arabesque.tn grâce un crédit obtenu auprès de la BTS (Banque Tunisienne de solidarité, ndlr). Entre temps, j'ai suivi plusieurs formations en entrepreneuriat, presse digitale, management, etc.
 
Wajjahni: Le métier de journaliste connaît une grande mutation avec l'évolution technologique. Comment faites-vous pour vous adapter?
  
Nayma Charmiti: Je suis de près l'évolution technologique pour essayer de mettre à jour les outils de travail. Je participe également à plusieurs séminaires et cycles de formation pour être à jour. Avoir une équipe douée et "à la page", avec  une présence continue sur les réseaux sociaux est aussi important. Mes compétences en matière de journalisme et ma passion pour les nouvelles technologies m’a permis de réussir dans mon travail.
 
Wajjahni: Croyez-vous en l'avenir des médias en Tunisie?
  
Nayma Charmiti: Ce domaine est très difficile pour diverses raisons:  des intervenants qui ne sont pas tous du domaine, des patrons de médias aux méthodes archaïques, et l’objectivité de l’information remise en cause et déviée par les partis politiques. Mais malgré cela, les jeunes journalistes dans les rédactions de plusieurs médias, restent professionnels et défendent le métier. On peut donc dire qu'il y a encore un avenir pour la presse en Tunisie.
 
Wajjahni: Vous êtes à la fois journaliste et entrepreneure. Une situation pas toujours facile, notamment avec la crise des médias. Comment faites-vous pour vous en sortir?
 
Nayma Charmiti: Les difficultés financières sont périodiques. Pour ma part, j'essaie de développer en même temps de nouvelles activités comme les relations publiques et le conseil en communication. Il faut avoir du souffle, résister et ne pas baisser les bras. 

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