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Les jeunes trouvent-ils ce qu'ils cherchent au salon de l'entrepreneuriat?

Les jeunes trouvent-ils ce qu'ils cherchent au salon de l'entrepreneuriat?

par Lilia Blaise / fév 24, 2017 / 0 commentaires
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salon entrepreneuriat tunisie

7000 visiteurs étaient attendus au Salon de l'entrepreneuriat qui s’est clôturé le jeudi 23 février à Tunis. Alors que les jeunes se sont plus rués sur les stands que dans les panels des conférences, beaucoup témoignent d’une volonté de se diriger vers l'entrepreneuriat et cherchent une aide surtout pour démarrer, bien avant le financement.

 

“Chkoun ki m’accompagne?” “Fama une aide tout au long du projet?”, la même question revenait sous différentes manières au salon de l’entrepreneuriat dans les stands des exposants. Les jeunes, pour la plupart étudiants, étaient présents pour chercher de l’aide bien plus que pour lancer un premier projet.

 

Mohamed Bennour, 22 ans, et étudiant technico commercial au centre du 9 avril porte ses brochures à la main, il a déjà fait la plupart des stands, banques, microfinance ou fonds étrangers de la Banque Mondiale ou encore de Mercy Corps, il a tout pris.

 

“J’ai une idée de projet dans l’électroménager et dans le multimédia, mais je veux surtout savoir mieux comment le développer avant de me lancer, même si beaucoup des exposants proposent d’aider financièrement” dit-il.

 

Plus loin, Feiza Mornagui, 30 ans et ingénieur agronome a une idée plus précise d’un projet agricole qu’elle veut développer depuis la fin de ses études, elle a déjà fait plusieurs salons et a pris sur sa pause déjeuner pour pouvoir se rendre à celui de l'entrepreneuriat.

 

“Les stands sont un peu les mêmes que d’habitude tout comme les bailleurs de fonds et moi ce qui m’intéresse, c’est surtout les formations et les coachs pour les étapes de conception du business plan et les études de marché. Malheureusement, tout ce que j’ai trouvé n’est pas gratuit” dit-elle un peu déçue. “Pour moi, l’état doit nous aider d’avantage dans ses formations car parfois nous n’avons même pas les moyens de financer cela avant de penser à lever des fonds pour notre projet.”

 

A côté d’elle, le stand de Zhaira Bennani, coach en communication pour Well’com, ne désemplit pas. “C’est vrai que beaucoup de formations sont payantes mais pour le coaching, je fais beaucoup de choses aussi dans l’associatif et nous allons lancer bientôt un programme où l’entrepreneur pourra nous rémunérer une fois que son projet sera lancé et qu’il aura les fonds pour” dit-elle.

 

Pour elle, le plus frappant dans le salon reste la demande des jeunes à être davantage orientés plutôt qu’être aidés sur le plan financier. Elle fournit du coaching basé sur les neurosciences et le potentiel émotionnel.

 

“L’idée est de rassurer aussi ces jeunes car beaucoup ne sont pas inquiets à l’idée de ne pas avoir un métier stable-c’est d’ailleurs rassurant qu’ils aient dépassé un peu le cliché de vouloir être banquier ou médecin-mais ils sont plutôt inquiets par rapport à la conjoncture économique du pays, ils sont vraiment dans l’incertitude.”

Depuis le début de la journée, elle répond à la même question “En quoi pouvez-vous m’aider?”. “Ils ont tous une lueur de créativité et de l’enthousiasme mais ressentent beaucoup de détresse car ils manquent d’encadrement” ajoute-t-elle. Alors qu’elle et sa collègue de Cyprès forment en soft skills, les autres stands étaient plus focalisés sur l’aide financière.

 

“Certains sont aussi plus là pour faire leur marketing que pour aider mais l’essentiel c’est que l’on puisse avoir un maximum d’informations sur place plutôt que de galérer à chercher sur internet chacun d’entre eux” commente Feten Cherni, 23 ans et étudiante en économie et gestion.

 

Alors que dans un des panels de la salle de conférences, un modérateur faisait l’annonce de l’arrivée des startups-grandes absentes de ce dernier salon mis à part dans les panels à travers les intervenants- en tant qu’exposants dans le programme “Startup Growth” du prochain salon de l'entrepreneuriat, ces deux jours ont montré surtout le besoin d’accompagnement des jeunes Tunisiens dont la fibre entrepreneuriale n’est plus à prouver mais qui manquent encore d’outils techniques pour se lancer.

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