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Khaled Helioui: Le tunisien à la tête du leader allemand des jeux vidéo Bigpoint

Khaled Helioui: Le tunisien à la tête du leader allemand des jeux vidéo Bigpoint

par Lilia Blaise / déc 28, 2016 / 0 commentaires
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Khaled Helioui, bigpoint

De la conférence Tunisia 2020 au coworking summit à Djerba, Khaled Helioui était présent à tous les événements concernant l’entrepreneuriat en Tunisie le mois dernier. Jeune CEO de Bigpoint en Allemagne, une entreprise spécialisée sur le gaming, il oeuvre dans l’ombre depuis quelques années pour encourager l'entrepreneuriat et les jeunes dans son pays natal.

Coupe de cheveux branchée et lunettes design, Khaled Helioui a des airs de jeune premier sorti tout droit de la Silicon Valley. Pourtant, né à Tunis, ce jeune Tunisien de 33 ans est devenu depuis quatre ans le CEO d’une entreprise de plus de 500 employés en Allemagne et valorisée à près de 460 millions d’euros après une carrière en tant que business angel, investisseur en capital risque et chargé de fusions et acquisitions dans diverses entreprises.

Du tapis rouge officiel de Tunisia 2020 aux évènements plus confidentiels tels que Spark organisé par la Fondation BIAT ou le coworking Summit à Djerba en passant par Follow the leaders, une conférence organisée par le Think Tank Thinkers and doers, Khaled Helioui n’hésite pas à jouer le caméléon en alternant networking et soutien aux jeunes entrepreneurs.

“Mon intention première était de passer du temps avec des entrepreneurs en Tunisie. De tous les investisseurs ou personnes que j’ai pu rencontrer ici, ressortent un réel espoir et une intention d’aider la Tunisie à se développer que ce soit au niveau de la société civile ou des jeunes entreprises innovantes.” commente-t-il.

Mais l’homme de l’ombre inspire aussi par son parcours et sa volonté. Né en Tunisie, il part à l’âge de cinq ans en France et revient chaque année au pays.  Du redressement de Bigpoint au rachat de petits studios en France, Khaled Helioui a fait le pari du risque dans sa carrière professionnelle. Après des études à Télécom SudParis en France et un parcours classique pour devenir ingénieur, l’homme s’est lancé dans l’investissement et s’intéresse aux entrepreneurs. Il fait son entrée à Bigpoint en tant que responsable produit puis gravit les échelons jusqu’à devenir PDG à 29 ans, en repositionnant l’entreprise et ses investisseurs.

“Ma mission principale, c’est Bigpoint mais quand je découvre une startup avec une mission qui me tient à coeur, je n'arrive pas a m'empêcher d'investir et de m'impliquer”. Il a ainsi investi dans une startup qui vise à faciliter le processus de prise de sang et collecte de données de santé individuelles mais aussi dans d’autres, très connues, comme Uber ou Deliveroo. Après avoir redressé financièrement l’entreprise Bigpoint, la Tunisie est devenue l’un de ses principaux focus depuis un an. “Ne soyez pas motivés que par des ambitions personnelles, le leadership est aussi important” déclarait-il devant un parterre d’étudiants à l’IHEC Carthage le mois dernier. Selon lui, la démarche est simple pour réussir : ”Articuler une mission, avoir le niveau juste d’ambition et d'exécution afin de pouvoir la mettre en oeuvre et ne pas faire une entreprise juste parce qu’on en a envie” ajoute-t-il. “‘L’expérience et la capacité de travail sont aussi des critères essentiels”.

 

Puis c’est à Cogite que l’homme établit ses quartiers pour motiver la jeune pousse de l’espace de coworking. “Je reste très optimiste sur ce qu’il se passe ici en Tunisie parce qu’il y a une résilience et persistance chez les jeunes entrepreneurs ici qui n’ont rien à envier aux autres pays”dit-il. De ses rencontres avec le jeune Yahya Bouhlel aux lycéens de Spark, l’entrepreneur ne cesse de partager son expérience. “Il ne faut pas oublier que le soutien est très important, certains pays n’ont pas eu besoin d’états forts pour avoir un écosystème qui réussit. L’exemple de la Finlande ou de la Biélorussie où sont nés des acteurs majeurs du gaming, sont assez probants” dit-il.

En Tunisie, son ambition est double,il s’agit d’encourager la jeunesse du pays mais aussi de la pousser à s’imposer sur le marché international. “Mon rêve, c’est vraiment d’avoir une start-up tunisienne qui explose sur le marché international, soit une success story à laquelle on puisse faire référence et qui démontre qu'il n'y a pas d'éléments structurels bloquants en Tunisie."

 

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