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Entrepreneur à 19 ans, Yahya Bouhlel ou la révolution dans l'innovation

Entrepreneur à 19 ans, Yahya Bouhlel ou la révolution dans l'innovation

par Lilia Blaise / nov 01, 2016 / 0 commentaires
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yahya bouhlel

Un T-shirt sur le dos et l’air décontracté, le jeune Yahya Bouhlel qui a posé depuis plus d’un an ses valises dans le co-working space Cogite vient de fonder sa propre start-up: Une école de code en Tunisie.  

 

Créer une start-up était une continuité pour le jeune Yahya Bouhlel. Originaire de Sousse, il commence à coder dès 15 ans. A l’époque, Yahya ne pense pas encore au rêve américain jusqu’à que son frère ne lui envoie un article de la Harvard Business Review sur une start-up, Makegameswithus, devenu Make school. Yahya postule alors à un stage d’été dans cette nouvelle start-up qui vend un diplôme pour aider chacun à concevoir un produit puis à en faire une start-up. Il fête son seizième anniversaire dans l’avion qui l’emmène à San Francisco et passe deux mois à développer des jeux pour mobile.

 

Passionné de jeux vidéos, entre 2014 et 2015 le jeune homme conçoit près de cinq jeux, qu’il tente de vendre sur l’Appstore. Sa formation aux Etats-Unis lui permet d’apprendre à concevoir un jeu mais aussi à le vendre et en faire un produit marketing. En revenant en Tunisie, le jeune homme parle de son expérience dès qu’il peut: “Je suis allé dans plusieurs régions montrer aux jeunes qu’ils pouvaient rêver et que si moi j’avais pu aller apprendre à faire un jeu vidéo, eux aussi pouvaient le faire” disait-il en Août 2016 alors qu’il formait déjà 40 lycéens aux fondamentaux du code lors d’un Summer Camp organisé à Cogite. Plusieurs d’entre eux avaient fait le trajet depuis Sfax, Kairouan, Enfidha pour tracer leurs premières lignes de code.

 

Aujourd’hui Yahya vit, mange et respire à Cogite. En plein préparatifs de l’ouverture de son école prévue pour 2017, il travaille sur son site et cherche les investisseurs, tout en révisant aussi pour les SATs, les examens pour postuler aux grandes universités américaines.

 

“Je veux retourner aux Etats-Unis car mon passage à la Silicon Valley m’a beaucoup inspiré et je veux vraiment en apprendre davantage, surtout avec toute la communauté autour des nouvelles technologies et de l’innovation” raconte celui dont l’anglais est devenu la seconde langue avant le français.

 

Après le test du SummerCode cet été, le jeune homme a décidé d’aller plus loin en créant une sorte d’incubateur qui initiera les jeunes à l’entrepreneuriat et aux nouvelles technologies.

“L’idée est d’aider nos étudiants à concevoir un produit et son design, nous avons un programme de quatre mois pour pouvoir leur apprendre à développer un jeu, une application mobile ou un site web.”Au bout de deux mois, l’étudiant développe une idée et un concept sur la plateforme qu’il a choisi et en fait un produit qu’il doit aussi apprendre à monétiser. Entre les cours, des ateliers autour de la robotique et de la 3D seront organisés avec des “soirées pizza”. L’offre alléchante du site qui propose une inscription à 300 dinars et ensuite un paiement de 100 dinars par mois pour chaque cours, ne cache pas le plus gros du travail qui attend le jeune entrepreneur; sa levée de fonds.

 

“C’est ce sur quoi je travaille aujourd’hui, jusqu’à présent, mes parents, mon frère m’ont aidés et on cru en moi, un ami m’a aidé à créer le site pour une somme symbolique, mais maintenant il faut que j'embauche une équipe et que je travaille avec eux sur le programme de l’école” dit-il entre deux emails. Même s’il aime aussi passer du temps à réaliser des vidéos et organiser des Hackathons, le jeune homme occupe désormais ses journées à trouver des investisseurs qui lui permettront d’obtenir les 500 000 dinars nécessaires au projet et à terme, de pouvoir trouver un lieu autre que le co-working space pour établir Gomycode.

 

Pour Yahya, le plus dur est déjà passé: “Le moment qui m’a le plus intimidé c’était quand j’ai pensé à créer ma start-up aussi jeune car tout de suite, vous jouez dans la cour des grands et vous n’avez pas le droit à l’erreur”. A présent, le jeune homme joue sur le cachet de son site pour attirer des business angels mais aussi ses futurs étudiants. Pour lui, la responsabilité incombe à tous les jeunes lycéens tunisiens d’inventer l’avenir du pays et de “mener une révolution dans l’innovation”. A l’heure où le gouvernement prépare l’administration tunisienne à un passage au tout numérique d’ici 2020, Yahya et ses disciples semblent avoir pris une longueur d’avance.

 

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