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Comment exporter les talents tunisiens?

Comment exporter les talents tunisiens?

par Lilia Blaise / fév 24, 2017 / 0 commentaires
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Pour son deuxième jour, le salon de l’entrepreneuriat a consacré un panel au développement et à l’extension de son entreprise. Parmi les panelistes, ceux qui exportent leur best practices à l’étranger ont donné des astuces pour exporter les talents tunisiens.

 

Quelle est la valeur des entrepreneurs tunisiens sur le marché étranger? Au salon de l’entrepreneuriat, deux jeunes ont abordé le sujet, Dhouha Boukadi architecte et CEO de Mooa

Dhouha Boukadi architecte et Farid Kamel l’un des CEO de Avionav .

 

“Je suis un pur produit de l’école tunisienne, j’ai fait mes études d’architecture en Tunisie. La première opportunité que j’ai eu avec l’étranger c’était en 2012, il fallait faire un projet en Libye et aucun architecte ne voulait y aller. J’y suis donc parti jusqu’en 2013” décrit Dhouha Boukadi, jeune architecte qui s’est déjà fait connaître dans le monde de l’entrepreneuriat pour ses talks dans différents salons et au TEDX Carthage. Pourtant au salon de l'Entrepreneuriat, elle choisit de parler de l’échec et de comment elle a pu rebondir grâce à son envie de conquérir le marché africain.

 

 

“Nous avons fait des erreurs et au moment où ça n’allait plus pour nous, nous avons eu l’appel d’un dernier client à Accra au Ghana. J’ai pris l’avion et j’ai voyagé non-stop sans dormir, je l’ai convaincu et deux semaines après nous avions signé un premier contrat. D’autres clients ont été le pur fruit du hasard comme un nigérian rencontré à l’aéroport qui cherchait des architectes.”
 

Même si le marché africain n’est pas facile, aussi bien dans les délais de paiements que sur le terrain, Dhouha attribue son succès à la prise de risque sur un terrain qui était encore vierge. “Nous avons fait le pari de diversifier nos clients et de ne pas se focaliser juste sur un pays, maintenant nous travaillons avec le Sénégal, l’Algérie ou encore Madagascar” dit-elle.

 

Pour Farid Kamel, savoir se vendre à l’étranger portait plus sur l’aspect technique. “Nous avons mis en valeur au début une main d’oeuvre moins chère en Tunisie qu’en France par exemple dans la construction aéronautique . Ici le prix est de 12 euros de l’heure contre 52 euros à l’étranger” dit-il pendant son speech sur Avionav lancé avec son frère jumeau en 2007. L’un de leur premier gros client était l’italien Next Aircraft qui leur avait commandé 9 avions. Les avions légers proposés par les deux frères sont aussi 30% moins chers que leurs concurrents. Aujourd’hui, ils ont déjà exporté près de 38 avions à travers le monde du Brésil à l’Allemagne.

 

“Mis à part le savoir faire et le moindre coût, l’autre valeur des Tunisiens est de savoir mettre en avant son talent. Par exemple en 2016, nous avons changé de stratégie en proposant un prototype d’avion électrique fait par des designers tunisiens, nous devons encore faire le business plan mais pour la levée des fonds nous avons choisi de le capitaliser dans la bourse américaine à une action très basse et en moins de trois mois, il a pris de la valeur ce qui nous a permis de financer la conception du prototype” témoigne-t-il.

 

Entre technicité mais aussi audace, les best skills tunisiens sont liés aussi à une volonté d’exporter son savoir-faire au-delà de la Tunisie et de savoir aussi chercher des opportunités là où personne n’est encore allé.

 

Tandis que les frères Kamel travaillent à des certifications aux normes internationales, Dhouha elle, encourage les jeunes à mettre en avant leur fraîcheur lorsqu’ils arrivent sur un nouveau marché, ce qui peut être parfois un atout.

 

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