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Arbia Smiti, fondatrice de "Carnet de mode": La réussite par la persévérance

Arbia Smiti, fondatrice de "Carnet de mode": La réussite par la persévérance

par Lilia Blaise / déc 06, 2016 / 0 commentaires
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Arbia Smiti

A 33 ans et mère d’une petite fille, Arbia Smiti est à la tête d’une start-up, Carnet de mode, qu’elle a lancé en 2011 en partant de zéro. Lors de l'événement Follow the leaders, organisé par le Think Tank "Thinkers and Doers", elle est revenue sur son parcours et sa vision du leadership.

 

“Encore aujourd’hui, j’encourage mes deux frères diplômés chômeurs à se lancer dans entrepreneuriat. Moi-même je suis partie de rien, je ne savais même pas ce que voulait dire entrepreneuriat en partant de Tunisie pour finir mes études”. Arbia Smiti  a le profil de la jeune entrepreneur, discours concis et rapide, usage de mots techniques et d’expressions aguicheuses, la jeune femme qui a vécu en Tunisie jusqu’à ses vingt ans, est revenue au pays avec une vingtaine de salariés à son compte et un chiffre d’affaires qui augmente de 50% chaque année.

 

“Je viens d’une famille de fonctionnaires qui aimait la stabilité donc rien ne me prédisait à l’entreprenariat. J’ai juste travaillé beaucoup pour avoir une bourse et partir finir mes études à l’étranger. Contrairement à d’autres entrepreneurs qui ont eu une idée par rapport à un besoin, j’étais dans la démarche inverse: je savais que je voulais entreprendre mais je n’avais pas encore une idée” dit-elle en marge d’une table-ronde où elle venait de donner sa vision du leadership pour le public estudiantin de l’IHEC Carthage. Passionnée de mode et enfant du digital, la jeune fille a le flair de parler crowdfunding avant que le concept ne soit connu en France.

En 2011, elle fonde Carnet de mode, un site qui réunit les jeunes créateurs, puis après une levée de fonds, l’année suivante, elle en fait un site commercial où chacun peut acheter des vêtements et accessoires de jeunes créateurs partout dans le monde.

 

“Ce n’était pas facile. Je n’avais rien sur mon compte en banque quand je me suis lancée, j’ai demandé des conseils à beaucoup de gens autour de moi, j’ai su aller vers ceux qui pouvaient m’aider dans leur domaine mais j’ai aussi frappé à beaucoup de portes. Parmi le millier de refus que j’ai reçus, il y a eu un Oui qui a tout changé” ajoute Arbia. “A l’époque où j’ai lancé le site, les jeunes créateurs n’étaient pas forcément très présents sur le digital. L’idée de Carnet de mode, c’était de faire l’intermédiaire et de leur donner une visibilité internationale.Je voulais révolutionner l‘industrie traditionnelle de la mode qui passe par beaucoup d’intermédiaires et des distributeurs et le marché de la mode est monopolisé par les grandes marques qui sont très concurrentielles.Je voulais casser tout ça”
 

Autre standard de réussite pour Arbia, viser un marché international et voir les choses en grand. “Je n’ai jamais visé un marché comme la Tunisie, l’idée c’était dès le départ, de voir plus grand. C’est très important pour tout entrepreneur de savoir “scaler” son processus à savoir rendre son business model valable sur un marché plus grand”. De 4 créateurs lors du lancement de Carnet de mode, elle est passé à 1500 créateurs de 36 pays différents.Certains viennent de France, d’autres de Suède ou encore des États-Unis. “Ce sont les premiers créateurs qui ont ramené ensuite d’autres créateurs et maintenant, la notoriété du site fait qu’ils viennent à nous directement” commente-t-elle.

 

La jeune femme apprend tout sur le terrain, notamment à diriger une équipe. “J’ai dû passer par trois équipes différentes avant de trouver la bonne et aussi d’instaurer un bon rapport professionnel” déclare-t-elle. Pour elle, l’un des talents et des atouts du futur entrepreneur est de savoir demander de l’aide sans avoir peur d’échouer. “Il faut aussi profiter du marché arabe où tout le monde parle la même langue donc tout est possible pour un entrepreneur tunisien” comme Arbia qui pense déjà à un nouveau projet car elle est en négociation pour le rachat de sa boîte par des acquéreurs, cinq ans à peine après sa création.

 

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