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Anys Fatnassi: Le parcours atypique d'un tunisien audacieux

Anys Fatnassi: Le parcours atypique d'un tunisien audacieux

par Nesrine Aouinti / jan 02, 2017 / 0 commentaires
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Déroutant ! C’est le moins qu’on puisse dire du parcours d’Anys Fatnassi. Nomade, Anys Fatnassi a parcouru dès son enfance tous les quartiers de Tunis. Né à l’Ariana, il passera ensuite par le centre ville de Tunis, le Bardo, El Menzah et El Manar. D’un quartier à l’autre, il a développé son premier soft skill : l’adaptation.

Anys est intelligent mais trouve les cours à l'école trop ennuyeux. Féru d’histoire et de géographie, il dévore les documentaires et les livres qui lui tombaient sous la main. Malheureusement, il obtient moyennement son baccalauréat et fut orienté contre sa volonté à la Faculté des Sciences de Tunis vers la branche MPCI, (mathématiques, physique, chimie et informatique, -branche qui jugée trop généraliste n’existe plus aujourd’hui). En somme, tout ce qu’il déteste.

 Après un redoublement et moult tentatives de réorientation, il se voit proposer une place à la filière de comptabilité à l’ISCAE. Anys se résigne et accepte. Dès lors commence un nouveau cycle d’«échecs » académiques. Anys n’arrive pas à passer sa première année. Face à cette stagnation, il se reprend en main, élabore un plan et se fixe l’objectif de poursuivre ses études de comptabilité dans une université privée jusqu’à l'obtention de la Maîtrise, et à faire en parallèle des activités annexes qui lui permettront d’accumuler des expériences nécessaires pour pouvoir dévier du domaine et postuler à Sciences Politiques.  Son dossier sera accepté à Toulouse. Et pourtant, le rêve se dissipe : la France lui refuse le visa.  Il ne se décourage pas et décide de se convertir en gargotier pendant une année pour amasser des économies et partir à son compte. Année durant laquelle, il servira avec amour et humour des "ftairs" et fricassés aux voyageurs de la gare de Bab Saadoun. Il repose sa candidature à Sciences Po et se voit accepté aux universités de Grenoble, Lyon et Toulouse. Le jeune homme croyant que le cycle de mésaventures rompu, n’aurait jamais pensé que le consulat de France apposerait un nouveau non à sa demande de visa. Cependant, il avait déjà un plan de secours.

L’Occident l’ayant rejeté, il se tourne vers l’Orient. Cap alors sur l’Asie ! Il y cible les pays émergents là où les opportunités économiques sont plus prometteuses, il y choisit le pays le plus en vue d’entre eux, la Chine. Anys achète un billet aller simple avec un visa touristique d’un mois et une promesse d’inscription effectuée par e-mail depuis Tunis dans une université chinoise pour apprendre la langue. A notre grande surprise, il nous confie qu’à cette époque, son anglais était "inexistent" soutient-il. Pour envoyer le mail d'inscription, il s’était aidé de Google traduction. Comme quoi, il ne faut jamais s’arrêter au premier obstacle venu. Combattant et combatif, il part vers l’Empire du milieu  sans aucune assurance.

Dès lors, commence l’aventure de ce citoyen tunisien qui se veut citoyen du monde qui affirme que c’est : «le cercle vertueux de la dynamique positive, un dénominateur commun à ces pays émergents qui fait que les gens ont l’intime conviction que le lendemain est un jour meilleur et cela se reflète dans l’essor économique. »

Anys passera en tout dix ans en Asie à apprendre sur le tas. Il attire l’attention d’«Ingenico », une entreprise française leader mondial dans le domaine des terminaux de paiement, qui l’intègre pour un rôle dans la gestion logistique dans son usine à Shanghai alors en pleine croissance . Après quelques petites années à apprendre le métier et gravir les échelons, il se voit ensuite propulsée au poste de Supply Chain Manager à la tête de la nouvelle usine au Vietnam. Là où il évolue professionnellement d’avantage pendant quelques années et contribuera à faire de cette unité, l’usine phare du groupe Ingenico.

Septembre 2015, après avoir accumulé une riche expérience professionnelle, il décide de tout quitter et renoue avec le globe-trotter qui sommeille en lui. L’aventurier entreprend de faire le tour de l’Asie émergente avec un projet en tête : «Harrous : The smart migrant / Sangour el hejra».

Teaser de Harrous

Harrous est une petite figurine qui représente un jeune tunisien de plus de 18 ans et qui rêve d’aller tenter sa chance dans des destinations où les opportunités y sont plus accessibles, d’un ailleurs meilleur.  Birmanie, Malaisie, Inde, Vietnam.. il part à la rencontre des Tunisiens installés dans ces contrées qui nous semblent si lointaines afin de démonter les stéréotypes. Harrous se veut un guide lucratif de l'immigrant économique intelligent car avant de partir, il faut bien réfléchir et bien choisir sa destination. Le projet vient d'être lancé sur Facebook et va combiner des  vidéos, des interviews, des photos ainsi que d’innombrables informations pertinentes. Il tient à sensibiliser les Tunisiens sur les nouvelles destinations de l'immigration économique. Les opportunités sont partout et s'avèrent parfois même meilleures. Harrous montre des gens ordinaires qui ont fait un choix de vie et qui surtout heureux de l'avoir fait.

Anys met un point d'honneur à montrer que grâce à beaucoup de persévérance et de confiance en soi, on arrive à forcer le destin. 

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