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Amira Mimouni : "Wajjahni est un pont entre les différents acteurs de l’entrepreneuriat"

Amira Mimouni : "Wajjahni est un pont entre les différents acteurs de l’entrepreneuriat"

par Yasmine Chaouch / jan 07, 2016 / 0 commentaires
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amira mimouni

Pour démarrer l'année 2016, Wajjahni met en lumière sa fondatrice, Amira Mimouni.  
 
Franco-Tunisienne,  diplômée en Sciences politiques, doctorante à la Sorbonne,  ancienne élue locale et conseillère auprès Claude Bartolone (aujourd'hui Président de l'assemblée française) Amira Mimouni a décidé de rentrer en Tunisie en 2008, pour se lancer dans une autre aventure loin de la politique. Ne maîtrisant pas la langue arabe, il lui était difficile de s’adapter au marché du travail tunisien, et elle s’est orientée vers des organismes internationaux comme l’ONU, l’ambassade de France, USAID et l’Union Européene avant d'être sollicitée par des agences de communication. En 2013, elle a créé sa boite de communication et de production audiovisuelle New Age. La même année, elle lance le programme Wajjahni. Interview.
 
Wajjahni: Comment est née l'idée de Wajjahni ?
Amira Mimouni:  En 2009, j'enseignais l'histoire des marques et le webmarketing à l'IHEC Carthage.  Grâce à cette expérience, je me suis rendue compte que mes étudiants ne savaient pas ce qu'ils voulaient faire plus tard. Ils allaient être diplômés dans quelques mois et pourtant ils étaient perdus. Et là je me suis dit qu’il y avait un hic. J'ai commencé à poser des questions autour de moi, j'ai rencontré le ministre de l'Emploi de l'époque, et j'ai compris qu'il y avait une faille qui liait les programmes d'accompagnement en terme de communication, d'information, des outils, etc. D'un coté il y avait des initiatives assez intéressantes, et de l'autre, il y avait des jeunes qui n'étaient pas bien informés. C’est ainsi que l'idée de "Wajjahni" a commencé à me titiller: je me suis dit “c'est super car je sais maintenant ce que je veux faire comme action citoyenne à Tunis: je vais créer le premier guide qui va aider l'ensemble de ces jeunes là en leurs montrant le chemin.!”
 
Wajjahni: De l'idée à l'exécution du projet tout un processus. Comment ça s'est passé?
Amira Mimouni: J'ai toujours aimé être à l’écoute du jeune parce que j'estime que si on ne lui fait pas confiance, si on ne lui explique pas les choses, si on ne lui donne pas les outils -à ne pas confondre avec l'assistanat- on ne peut pas le juger. 
Je ne voulais pas porter le projet toute seule. J'ai donc cherché d'autres partenaires et je me suis  beaucoup intéressée au Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) que je connaissais déjà depuis Paris, et dont j’étais membre à Tunis. J'ai rencontrée Mme Wafa Makhlouf qui en était la présidente à l'époque. Il y a eu un coup de coeur pour la personne et pour le projet: on était sur la même longueur d'ondes dès le début. Elle m'a donné son accord de principe au bout des dix premières minutes et elle m'a confié que c'est justement cela qui leur manquait, et c'est sur un projet pareil que les membres du CJD voulaient travailler parce qu'ils avaient déjà ressenti ce manque, mais ils n'avaient pas pu le contenir et le matérialiser dans un outil comme je l'avais fait dans Wajjahni. Et c'est comme ça que le CJD a incubé chez lui le programme Wajjahni. Une aventure humaine extraordinaire commença ! Aujourd’hui le CJD est un partenaire de premier rang, durant notamment le mandat de Khaled Zribi (2013-2015) en continuité avec le travail de Wafa Makhlouf.
 
Remise du Prix Wajjahni à Unik Advertising. 
De gauche à droite: Khaled Zribi président sortant du CJD, Amira Mimouni fondatrice de Wajjahni, Mourad Madhour et Mondher Ben Abdelkader co-fondateurs de Unik Advertising et Mehdi Kettou.
 
Wajjahni: En quoi consiste exactement Wajjahni ?
Amira Mimouni: Wajjahni est le premier média en Tunisie spécialisé dans l’entrepreneuriat et l’orientation professionnelle. C’est un projet unique en son genre. Derrière cette plateforme bilingue (arabe te français) une équipe de rédaction de 5 journalistes entièrement dédiée à Wajjahni, mais aussi une équipe de production compétente, qui a tourné 400 vidéos (métiers, projets et conseils). Nous avons 13 partenaires dont les ministères de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, de l’Éducation, et celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la BFPME et la BTS. Wajjahni offre un contenu riche et pertinent aux étudiants, aux jeunes diplômés, aux porteurs d’idées qui veulent lancer leurs projets et ne savent pas par où commencer, ainsi qu’aux entrepreneurs à la recherche de financement ou autres opportunités.
Aujourd’hui, il y a beaucoup de programmes et d'initiatives pour accompagner et encadrer les entrepreneurs tunisiens qui tendent à se faire connaître du public cible, et beaucoup de jeunes avec de formidables idées de projets et une motivation extraordinaire. Wajjahni est un pont entre les différents acteurs de l’entrepreneuriat en Tunisie et un outil qui aide les jeunes à trouver leurs voies professionnelles. 
 
Wajjahni: Comment avez-vous eu réussi à obtenir les fonds nécessaires ?
Amira Mimouni: Avec la révolution, on a pu voir la fougue d’une jeunesse qui pouvait enfin s'exprimer et revendiquer. Les initiatives de soutien, d'accompagnement et de coopération internationale étaient très présentes pour des programmes dédiés à la jeunesse que ce soit en termes de citoyenneté ou de démocratie, de leadership et bien évidement de création d'emploi.
Wajjahni participait réellement à la création de ce nouveau visage de la Tunisie avec cette nouvelle approche pour accompagner les jeunes. Nous avons sollicité DANIDA (le programme de partenariat dano-arabe, ndlr), parce que c’est un programme qui a déjà oeuvré pour l’éducation. C’était pour nous un partenaire de choix. 
DANIDA a financé le projet à hauteur de 1.3 million de dinars sur 3 ans. New Age a également accompagné Wajjahni dès le début de l’aventure avec une contribution de 150 000 DT.
 
Wajjahni: Comment fonctionne Wajjahni aujourd'hui ?
Amira Mimouni:  Le fonds de DANIDA a pris fin en mai 2015. Depuis,  c'est New Age qui assure le financement et la gestion de Wajjahni et l’héberge dans ses locaux, comme étant une de ses initiatives sociétales. Nous sommes par ailleurs à la recherche de nouveaux fonds pour l'accompagner. 
Après 3 ans, Wajjahni tend à devenir de plus en plus autonome et indépendant financièrement, mais cela prend du temps. Une partie des revenus pourra être générée grâce aux bannières publicitaires. Tout ceci est en train de se mettre en place parce que le projet est nouveau en son genre. 
 
Wajjahni: Comment envisagez-vous le futur de Wajjahni ?
Amira Mimouni:  Le futur est une émission télé qui sera diffusée en ce début d'année sur l'une des premières chaînes tunisiennes en termes d'audimat. Après avoir consolidé et stabilisé son équipe durant les 3 premières années, Wajjahni entre dans une nouvelle phase pour toucher plus de monde et avoir une plus grande influence grâce à la télévision. Dans un deuxième temps, c'est être plus présent sur le terrain en créant nos propres évènements.  Un autre chantier consistera à, agrandir davantage l'équipe pour des ambassadeurs Wajjahni dans les régions. Nous sommes aujourd'hui partenaires de 2 radios régionales: Radio Tataouine et Radio Sfax, et l'idée est d'avoir une édition spéciale régionale qui sera présente sur le site. 
 
Wajjahni: Vous avez créé votre propre agence de communication. En tant qu'entrepreneure, quels conseils donneriez-vous aux jeunes promoteurs de projets ?
Amira Mimouni:  Je pense qu'aujourd'hui, on est en train de désenchanter le métier de dirigeant en disant que chacun peut créer son projet. Or l'entrepreneuriat nécessite beaucoup d'audace, de prise de risques et de courage. Être entrepreneur, c'est être dans le challenge en continu car c'est nourri par la soif de voir un monde différent. L'entrepreneur voit les choses autrement, et c'est ce qui le pousse à pouvoir créer et réussir.
 
Wajjahni en chiffres:
Facebook: 106 141 likes sur la page Wajjahni
Youtube: Plus de 342 000 vues sur la chaine YouTube

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