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Amandine Lepoutre, Fondatrice de Thinkers & Doers: "Les figures du leadership contemporain ont complètement changé"

Amandine Lepoutre, Fondatrice de Thinkers & Doers: "Les figures du leadership contemporain ont complètement changé"

par Lilia Blaise / déc 05, 2016 / 0 commentaires
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En marge de Tunisia 2020, l’évènement Follow the Leaders organisé par le Think Tank Thinkers and Doers, en partenariat avec la French Tech, Business France et la région Ile de France, a rassemblé les jeunes start-upers sur la question du leadership à l’IHEC Carthage. Rencontre avec Amandine Lepoutre, CEO de Thinkers and Doers.

 

Wajjahni: Pourquoi avoir choisi la Tunisie pour cet évènement?

 

Amandine Lepoutre: Cela fait trois ans que nous avons commencé l’évènement Follow the leaders et pour nous c’était très important de le faire en Tunisie car au fur et à mesure de nos conférences, nous avons rencontré des personnes dont l’expérience entrepreneuriale a été très très forte. Nous connaissions déjà le pays grâce à un forum auquel nous avions déjà participé au Bardo à l’occasion du festival Jaou. Depuis deux ans, nous  rencontrons beaucoup d’entrepreneurs et nous créons des passerelles avec la France donc il y a ces liens relationnels avec la Tunisie. En 2011, la Tunisie a été initiatrice d’un mouvement leader dans la région et on trouve via les gens que l’on rencontre, qu’il y a ce même principe de leadership qui se passe peut-être moins au niveau politique mais plus à un niveau économique. Nous avons observé aussi de l’extérieur, une effervescence économique, créative et digitale au niveau des start-ups.

Nous nous  sommes rapprochés des organisateurs de Tunisie 2020 parce que l’on allait valoriser les portraits de nouveaux leaders, c’est pourquoi l'événement a eu lieu juste après.

 

Pourquoi choisir la thématique du leadership?

 

Quand nous avons rencontré toutes les personnes qui ont parlé pendant la conférence, nous nous sommes rendus compte que le temps n’était plus aux invités célèbres et  têtes d'affiche mais que nous allions plutôt chercher des jeunes leaders qui n’ont pas forcément 30 d'expérience dans un secteur ou qui ont fait fortune. Cela veut dire que les figures du leadership contemporain ont complètement changé. Le visage du leader et du décideur n’est plus le même et nous avons constaté cela dans plusieurs pays. Pour les thématiques des workshops sur la Tunisie en particulier, nous avons eu beaucoup d’informations sur le gaming donc nous en avons fait un atelier. Nous essayons de montrer les spécificités de chaque pays et ce que ça veut dire pour telle ou telle zone. Il y avait aussi une table-ronde pratique un peu comme une boîte à outils sur le leadership afin de donner des astuces et une motivation à ceux qui écoutaient.

 
 

Comment et pourquoi avez-vous créé Thinkers and Doers ?

 

C’est une organisation internationale parce que nous sommes présents dans plusieurs pays et c’est un réseau qui présente des gens qui pensent et qui font. Nous nous sommes dits qu’en les rassemblant à travers des conférences comme celles d’aujourd’hui mais aussi des débats de workshops et des ateliers de travail autour de projets très concrets, en fait, on crée une dynamique très positive dans l’innovation. Là par exemple, nous venons de finir une étude sur la philanthropie dans le monde arabe.

 

Comment vous êtes financés?

 

Nous avons 3 sources de financement: un club d’entreprises avec un abonnement à l’année. Elles nous soutiennent et peuvent assister à nos conférences. Nous avons des partenaires et des sponsors sur chaque évènement, et puis les études qui nous permettent aussi de nous rémunérer. Nous conseillons également des organisations, des instances gouvernementales, des entreprises dans leurs dynamiques d'innovation et d'image internationale.

 

Pourquoi êtes-vous orientés principalement sur le monde arabe?

 

Lorsque j‘ai commencé ma boîte de communication sur l’influence positive, la Société anonyme, j’ai de fait, travaillé beaucoup sur le monde arabe. Mais l’élément déclencheur a été lorsqu’un jour à une conférence, une femme tunisienne a dit: “La différence entre l’Europe et nous,  c’est que nous, nous avons une génération de jeunes 80 % qui se bat pour mieux vivre que leurs parents alors que chez vous en Europe, vous avez 60% de jeunes qui se battent pour vivre au moins aussi bien que leur parents donc les dynamiques ne sont pas les mêmes”. Cela ne veut pas dire que des dynamiques sont meilleures que d’autres mais je me suis dit qu’il fallait créer des ponts pour que les gens s’engagent ensemble.

 

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